Jonathan BOCQUET, directeur de publication

FullSizeRender (1)

« J’ai souhaité participer à la fondation du Poing Commun car je crois en l’importance d’un rassemblement au-delà des enjeux partisans pour la réaffirmation des fondements moraux à la base du projet républicain.

J’appartiens à une génération qui constate l’affaiblissement du pouvoir démocratique et a le choix entre le fatalisme ou l’innovation politique. Je choisis de m’engager pour le chantier républicain. Chantier de réparation, de rénovation et peut être de réinvention de la République dans ses modalités, mais inspiré par l’idée qu’elle reste un modèle dans ses principes.

Je ne prétends pas que la République est la réponse à tout. Bien évidemment, les inégalités sociales et les tourments de ceux qui sont touchés par la précarité, ne seront pas résolus par la seule régénération de notre régime politique. Mais comment croire que notre manière d’appréhender la représentation et la communauté nationale, n’induit pas déjà des réponses sur notre organisation sociale.

Pour moi, c’est le régime des biens communs : il se concrétise dans la solidarité et la laïcité. Je m’inscris dans la conception d’un Etat garantissant une liberté sociétaire et je milite pour la réaffirmation d’une solidarité assurée par la communauté nationale, plutôt que par des communautés primitives, nécessairement discriminantes.

Je ne sous-estime en rien l’urgence économique et l’exclusion sociale croissantes. Mais la question républicaine, parce qu’elle est fondamentalement liée à la démocratie, fondamentalement liée au projet d’émancipation du citoyen, est selon moi le substrat essentiel des combats à venir.

Dévoyés (à droite surtout mais à gauche de plus en plus souvent), falsifiés, accaparés par des imposteurs, les mots de la République, ses symboles, son panthéon sont menacés de ne plus inspirer les utopies politiques. Je refuse de les abandonner et d’abandonner avec eux le projet d’élévation du citoyen dans sa Raison et ses vertus ; C’est suffisant pour justifier d’un combat commun contre les fossoyeurs de la République. Pour moi, c’est cela le poing commun.

Entre les replis communautaires et les visions essentialistes d’une identité nationale mythifiée, nous, Républicains, concevons la citoyenneté comme l’adhésion à un horizon commun et la participation active à la construction de ce destin politique. L’appartenance à la communauté républicaine est une démarche volontaire de rassemblement autour de valeurs qui transcendent nos singularités.

Ce rassemblement de conviction autour de l’enjeu républicain et au-delà des clivages et des jeux partisans permettra, je l’espère, d’aborder sereinement les questions qui se posent régulièrement dans la vie de la cité. Les espaces citoyens militants se multiplient contre la résignation. Celui-ci prendra modestement sa part. »

Jonathan Bocquet