Travail, le Grand Entretien : Jean-Jacques Gury et Thierry Rochefort

JeRochefort Guryan-Jacques Gury a travaillé comme correspondant de la cellule anti-blanchiment d’argent du ministère des Finances, et publie son premier livre, « Le coup d’État milliardaire » (éd. Utopia, 2017).
Thierry Rochefort est universitaire et sociologue, spécialiste des conditions de travail.
Ils sont les invités du Poing Commun pour son grand entretien, qui vient clôturer son cycle thématique sur le travail.

 

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« Ce travail qui ne rend pas libre », par Thibault Mordraal

Cet article écrit par Thibault Mordraal entre dans le cadre du cycle thématique du Poing Commun sur le travail.

Le travail rend libre, paraît-il. On peut comprendre qu’il puisse donner cette impression : spontanément, il nous apparaît qu’il faut souvent un certain travail pour obtenir ce que nous voulons, et ainsi réaliser nos désirs. Dès lors, puisque la République tient pour nous dans les mots « Liberté – Égalité – Fraternité », il nous faudrait encenser le travail comme un puissant promoteur des valeurs républicaines !

Aussitôt énoncé, ce raisonnement bute pourtant sur la réalité : le travail, dans notre expérience quotidienne, n’est pas seulement ce qui nous permet d’obtenir ce que nous désirons, généralement un salaire ; c’est aussi la contrainte d’exercer toute la journée une activité qui ne nous intéresse pas ou peu ; c’est aussi bien souvent l’obéissance à une hiérarchie dont les ordres nous paraissent absurdes ou irréalisables ; c’est enfin ne pas pouvoir consacrer plus de temps et d’énergie à ce que l’on aime, parfois jusqu’à perdre goût pour la vie – demandez donc à certains salariés de France Télécom ce qu’ils pensaient du travail ! Est-ce cela, être libre ?

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« Vouliez-vous une révolution sans révolution ? » – Robespierre, à jamais l’incorruptible

Par Quintus BRUTUS 13 Septembre 2016

robespierre

Il y a 222 ans, Maximilien Robespierre était guillotiné sur l’actuelle place de la Concorde, après cinq années de révolution.  L’historiographie a très souvent omis d’insister sur l’infime plage temporelle durant laquelle se sont déroulés les évènements de la Révolution Française : cinq ans, l’équivalent d’un quinquennat présidentiel de nos jours. Cinq années qui ont changé la France à jamais, cinq années qui marquèrent le début d’une nouvelle ère politique pour le monde entier, cinq années qui scellèrent le message universaliste de liberté, d’égalité et de fraternité de la République Française. Durant ces cinq années, des milliers, voire des millions d’individus ont contribué à la Révolution, de près ou de loin, pour sa défense ou à son encontre. Robespierre était l’un d’entre eux : un acteur de la Révolution parmi d’autres.

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L’enseignement laïque Discours de Castres, 30 juillet 1904

Jean Jaurès

Démocratie et laïcité sont deux termes identiques. Qu’est-ce que la démocratie ? Royer-Collard1, qui a restreint arbitrairement l’application du principe, mais qui a vu excellemment le principe même, en a donné la définition décisive : « La démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits. » Or il n’y a pas égalité des droits si l’attachement de tel ou tel citoyen à telle ou telle croyance, à telle ou telle religion, est pour lui une cause de privilège ou une cause de disgrâce. Dans aucun des actes de la vie civile, politique ou sociale, la démocratie ne fait intervenir, légalement, la question religieuse. Elle respecte, elle assure l’entière et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les croyances, de tous les cultes, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle et le fondement de la vie sociale.

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TRIBUNE LIBRE – Un exercice façon Marc Aurèle : la pratique de la tolérance – Yoann GIVRY

Par YOANN GIVRY – OCTOBRE 2015

Répondant à l’invitation très aimable de l’Association Poing Commun, le texte qui va suivre ne part que d’une seule idée relative à la république : la diversité des conceptions qu’elle propose, qui n’est pas un obstacle politique mais un de ses attributs constitutifs. En effet, si l’idéal de la célèbre res publica suppose l’adoption populaire d’une vie bonne, autrement dit d’une discrimination entre ce qui est bon et mauvais à l’échelle du collectif, elle doit d’abord savoir gérer la multitude des points de vue[1].

Cette vérité à l’échelle commune vaut aussi pour l’individu : toute personne initiée aux joies de la réflexion politique sait qu’elle a besoin de reprendre constamment ses idées, de changer parfois de paradigme, d’ouvrir le champ du parcours intellectuel. Et, d’où qu’elle veuille approfondir ses connaissances – philosophie politique, ethnologie, sociologie, géopolitique, histoire de la fiscalité, etc. – elle sera frappée par la richesse des développements qui se présentent à elle : chaque savoir acquis devrait ainsi devenir une preuve de plus que, dans cette complexité toute naturelle, la prudence et la tolérance sont de mise. Lire la suite