Cycle thématique sur le travail : présentation

Dans sa volonté de défendre et de promouvoir les fondamentaux républicains, l’association Le Poing Commun a vu dans le travail une notion fondamentale à réinterroger. D’abord, du fait, de son actualité politique, via les ordonnances de la loi Travail, mais plus largement, via le discours libéral omniprésent prônant la dérégulation du marché — du travail — comme corollaire d’une croissance économique nécessaire.
Ensuite, du fait de son importance historique et sociale. En effet, il semble évident que nous sommes dans « une société du travail », en ce sens que le travail occupe une place centrale dans le discours et les actions politiques et permet ainsi tous les sacrifices. Au nom du travail, on pourrait alors rogner sur la liberté, l’égalité et la fraternité.
Ainsi, le travail s’avère être un terme galvaudé bien que central et omniprésent. Derrière la notion de travail se cache à la fois l’idée d’accomplissement personnel, mais aussi de souffrance, de pénibilité et d’aliénation. Or, il s’avère que le politique, dans son discours et ses actes, entretient cette ambivalence et joue sur les deux tableaux, œuvrant ainsi à l’aliénation au nom de l’accomplissement.
Pour en prendre la mesure, il est par conséquent légitime de s’arrêter sur cette contradiction, ainsi que sur tout ce qui, directement ou indirectement, a trait au travail : le salariat lui-même, l’auto-entrepreneuriat, l’« ubérisation » ; mais aussi le chômage, en tant qu’il conditionne les débats sur le revenu universel ou la répartition du temps de travail et des richesses ; etc.
Mais il est surtout nécessaire de réinterroger ces trois notions fondamentales que sont la liberté, l’égalité et la fraternité par le prisme du travail ; et réciproquement, de réinterroger le concept de travail à la lumière des notions républicaines. En effet, puisque notre conception du travail conditionne celle de la société, il y a fort à parier qu’un travail voué au profit ne fonde par la même société qu’un travail commun participant d’un intérêt général.

« Vouliez-vous une révolution sans révolution ? » – Robespierre, à jamais l’incorruptible

Par Quintus BRUTUS 13 Septembre 2016

robespierre

Il y a 222 ans, Maximilien Robespierre était guillotiné sur l’actuelle place de la Concorde, après cinq années de révolution.  L’historiographie a très souvent omis d’insister sur l’infime plage temporelle durant laquelle se sont déroulés les évènements de la Révolution Française : cinq ans, l’équivalent d’un quinquennat présidentiel de nos jours. Cinq années qui ont changé la France à jamais, cinq années qui marquèrent le début d’une nouvelle ère politique pour le monde entier, cinq années qui scellèrent le message universaliste de liberté, d’égalité et de fraternité de la République Française. Durant ces cinq années, des milliers, voire des millions d’individus ont contribué à la Révolution, de près ou de loin, pour sa défense ou à son encontre. Robespierre était l’un d’entre eux : un acteur de la Révolution parmi d’autres.

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L’enseignement laïque Discours de Castres, 30 juillet 1904

Jean Jaurès

Démocratie et laïcité sont deux termes identiques. Qu’est-ce que la démocratie ? Royer-Collard1, qui a restreint arbitrairement l’application du principe, mais qui a vu excellemment le principe même, en a donné la définition décisive : « La démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits. » Or il n’y a pas égalité des droits si l’attachement de tel ou tel citoyen à telle ou telle croyance, à telle ou telle religion, est pour lui une cause de privilège ou une cause de disgrâce. Dans aucun des actes de la vie civile, politique ou sociale, la démocratie ne fait intervenir, légalement, la question religieuse. Elle respecte, elle assure l’entière et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les croyances, de tous les cultes, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle et le fondement de la vie sociale.

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TRIBUNE LIBRE – Un exercice façon Marc Aurèle : la pratique de la tolérance – Yoann GIVRY

Par YOANN GIVRY – OCTOBRE 2015

Répondant à l’invitation très aimable de l’Association Poing Commun, le texte qui va suivre ne part que d’une seule idée relative à la république : la diversité des conceptions qu’elle propose, qui n’est pas un obstacle politique mais un de ses attributs constitutifs. En effet, si l’idéal de la célèbre res publica suppose l’adoption populaire d’une vie bonne, autrement dit d’une discrimination entre ce qui est bon et mauvais à l’échelle du collectif, elle doit d’abord savoir gérer la multitude des points de vue[1].

Cette vérité à l’échelle commune vaut aussi pour l’individu : toute personne initiée aux joies de la réflexion politique sait qu’elle a besoin de reprendre constamment ses idées, de changer parfois de paradigme, d’ouvrir le champ du parcours intellectuel. Et, d’où qu’elle veuille approfondir ses connaissances – philosophie politique, ethnologie, sociologie, géopolitique, histoire de la fiscalité, etc. – elle sera frappée par la richesse des développements qui se présentent à elle : chaque savoir acquis devrait ainsi devenir une preuve de plus que, dans cette complexité toute naturelle, la prudence et la tolérance sont de mise. Lire la suite