Communiqué : abaissement de l’âge de scolarité obligatoire

L’annonce de l’abaissement de l’âge de scolarité obligatoire est une fausse bonne nouvelle

L’obligation scolaire à partir de 3 ans à la rentrée 2019 est une mesure sociale en trompe l’œil. Bien sûr, l’abaissement de l’âge de scolarité est une mesure qui vise à lutter contre les inégalités dans les parcours d’apprentissage et nous pourrions la soutenir si le contexte légal et budgétaire actuel ne viendraient pas la tordre.

Les conséquences financières pour les collectivités pourraient s’avérer désastreuses dans un contexte budgétaire déjà très compliqué et l’effet pour la réussite éducative de tous serait tout à fait limité.

Surtout, dès lors que l’école maternelle sera intégrée à la scolarité obligatoire, les écoles maternelles privées sous contrat rentreront dans le cadre de la loi obligeant les communes à les financer. La Loi Debré de 1959 sur les établissements d’enseignement privés s’applique en effet sur la scolarité obligatoire.

Ainsi, toutes les villes devront verser un montant forfaitaire compensatoire pour chaque enfant de sa commune scolarisé dans une école privée. Une aubaine pour celles-ci, dont la plupart sont des écoles confessionnelles (95% de l’enseignement privé est un enseignement catholique).  Quand bien même, l’Etat décidait de compenser cette dépense supplémentaire, on peut s’interroger sur les raisons qui poussent à un tel cadeau pour les écoles privées.

En effet, on ne saisit d’ailleurs pas forcément l’opportunité puisque l’on sait que 97% des enfants sont déjà scolarisés dès 3ans. Le pourcentage restant correspond d’ailleurs à des cas très différents des uns des autres et pas seulement des situations sociales précaires.

Le manque de moyen ces dernières années pour l’éducation et les mesures de carte scolaires à venir ont déjà provoqué la fermeture de classes maternelles publiques (comme privée). Cela va accélérer la fuite des enfants vers le privé qui ne manquera pas de venir combler ce manque d’autant plus fortement qu’il pourra à présent compter sur les deniers de l’Etat dans ce nouveau secteur.

Le Poing Commun