Affaires Fillon et Front National : s’indigner ne suffit pas

Voici la campagne présidentielle entachée de nouveaux scandales, avec François Fillon et le Front National qui sont tous deux accusés d’avoir eu des emplois fictifs d’assistants parlementaires rémunérés sur l’agent public. Cependant, il ne suffit pas de s’indigner à peu de frais comme le fait la presse : le problème n’est pas la personne de François Fillon ni même le parti qu’est le FN mais bien le système qui permet de telles pratiques.

Car si François Fillon ne cesse de répéter qu’il n’y a rien d’illégal, ce qui nous inquiète est moins l’illégalité que ce qui est légal, justement. Un homme politique peut légalement rémunérer pour des fortunes des gens de sa famille sans rendre de comptes sur ce qu’ils font vraiment, et ce sur l’argent public ! Voilà où est le problème, voilà ce qui donne l’impression que la politique est monopolisée par une caste avec ses privilèges ; que la justice prouve que c’était un emploi fictif dans le cas de François Fillon ou non n’y change absolument rien ! La défense de l’ancien Premier Ministre est d’ailleurs symptomatique de la rupture entre le peuple et les élites. Enfermé dans la bulle des puissants et des privilégiés, il n’arrive même pas à comprendre le dégoût du peuple.

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Il y a un besoin urgent de transparence et de contrôle des élus par les citoyens, si l’on ne veut pas vivre dans un système qui permet le clientélisme et les conflits d’intérêts. Le minimum serait de définir un statut des collaborateurs d’élus définissant précisément leurs tâches et leurs rémunérations et des fiches de postes pour chacun, pour que l’on sache qui fait quoi et pour quelle somme avec l’argent des contribuables. On pourrait aussi réfléchir à la possibilité d’interdire aux élus d’employer des membres de leur famille, c’est une piste qui pourrait être explorée. Mais d’autres problèmes sont susceptibles de se poser notamment dans le financement politique : il faut s’interroger sur la capacité de certains groupes à interférer dans la démocratie en finançant tel ou tel candidat, groupes qui de plus sont parfois étrangers donc extérieurs à la République française, le prêt accordé par une banque russe au Front National ou la levée de fonds à la City par Emmanuel Macron en sont deux exemples… et là encore, tout cela est parfaitement légal.

Il y a du pain sur la planche, pour que l’éthique en politique ne soit plus un vain mot ; il serait temps de réfléchir et d’agir pour changer le système concrètement plutôt que de pousser des cris d’orfraie à chaque nouvelle affaire.