[Communiqué de presse] Crèches dans les mairies : le Conseil d’Etat va t-il bafouer la laïcité ?

[Communiqué de presse]

Crèches dans les mairies : le Conseil d’Etat va-t-il bafouer la laïcité ?

En octobre 2015, la cour administrative d’appel de Paris avait ainsi imposé à la mairie de Melun le retrait de la crèche installée dans son enceinte, lorsque son homologue nantaise avait opté pour le maintien d’une crèche similaire. Ce vendredi 21 octobre 2016, le rapporteur public du Conseil d’Etat (la juridiction suprême qui précise le droit en cas de contentieux administratif) s’est prononcé pour l’autorisation de ces crèches dans les mairies et les édifices publics, considérant que ces objets n’ont pas de connotation religieuse mais font partie intégrante de la culture et du patrimoine national.

L’article 28 de la loi de 1905 précise que : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions ».

La décision du rapporteur public est donc surprenante. Si, par tradition ou ferveur religieuse, de nombreuses familles de notre pays installent bien normalement à leur domicile des crèches, on ne peut concevoir que des édifices républicains accueillent en leur sein des objets dont on semble nier le caractère religieux. Une crèche n’est pas un objet neutre. Elle témoigne de son appartenance à une foi, la foi chrétienne. Il est difficile de le nier lorsque le personnage central est « l’enfant-Jésus » lui-même. Les promoteurs de la présence de crèches dans les mairies, Robert Ménard en tête, ne cessent de se défendre en invoquant les « racines chrétiennes » de notre pays. Il est paradoxal que le rapporteur public n’entende même pas les arguments avancés de chaque côté.
Choisir de privilégier une communauté religieuse au détriment des autres ne peut être la garantie d’une vie en société apaisée. Nous alertons donc chaque citoyen sur l’importance symbolique d’une telle décision si elle devait finalement être prise. Le Conseil d’Etat, lorsqu’il devra se prononcer, devra ainsi juger s’il veut balayer la loi de 1905 sous la pression d’une communauté politico-religieuse ou si, comme il l’a toujours fait, il veut garantir le strict respect du droit français, laïque.

Le Poing Commun.