Tribune libre – Brève histoire politique de la République romaine

Par Fabien PIC

En 509 avant notre ère, un sénateur du nom de Decimus Junius Brutus fomente une révolte et chasse du pouvoir le dernier roi de Rome Tarquin le Superbe. Cet évènement, selon la tradition historique romaine, sonne le glas de la Royauté à Rome et signe l’acte de naissance de la République. Il marque aussi l’indépendance de la cité. En effet, jusqu’alors la ville fondée par Romulus était sous domination étrusque.

Qui prend le pouvoir à la suite de Tarquin le Superbe ?

C’est le Sénat et à travers lui le Patriciat. Le Patriciat constitue une aristocratie héréditaire composée par des gentes c’est-à-dire des familles au sens élargi du terme et qui sont gérées par un pater familias que l’on pourrait traduire par chef de famille ou chef de clan. Pater au pluriel donne patres d’où le terme de Patriciat, de patricien. Les patriciens descendraient des cent familles présentes au moment de la fondation de Rome et dont les chefs/ patres sont choisis par Romulus pour former le Sénat. A l’origine, donc, tous les patres des familles patriciennes sont des sénateurs, et tous les sénateurs sont des patriciens.

Quel  est le régime politique mis en place ?

Nous l’avons vu, c’est une République. Mais une République oligarchique puisque le pouvoir est entre les mains de quelques familles aristocratiques.

Comment s’organise les pouvoirs au sein de cette République ?

D’un côté nous avons le Sénat qui concentre à l’origine tout le pouvoir législatif,  et de l’autre des collèges de magistrats, issus des rangs de cette même assemblée, qui détiennent le pouvoir exécutif et judiciaire. Il est important de s’arrêter un instant sur ce principe de collégialité. En effet, L’aristocratie patricienne va s’attacher à mettre en place des mécanismes visant à empêcher tout retour en arrière, c’est-à-dire, à éviter toutes tentations de pouvoir individuel pouvant conduire à une réminiscence de la tyrannie, de la Royauté. De fait à chaque magistrat, on adjoindra un autre magistrat afin de contrebalancer l’influence du premier. Par exemple, au début de la République il y avait deux consuls.  En outre, chaque magistrat se voit attribué une charge bien délimitée dans l’espace et dans le temps. A noter, que le terme charge se traduit en latin  par provincia et se confondra au fil du temps avec le territoire dans lequel cette première est exercée. Enfin, dans le cas des magistratures supérieures cette charge pouvait s’accompagner d’un pouvoir : l’imperium.

Il est également important de définir cette notion : L’imperium à une double origine religieuse, politique. A l’époque royale, le monarque était désigné par une assemblée : les comices curiates. Mais cette dernière ne pouvait le désigner qu’après avoir consulté les auspices ; c’est-à-dire quand la volonté divine s’était manifestée. Ainsi l’autorité du roi reposait à la fois sur la religion et sur désignation par les familles patriciennes assemblées en curies. Une fois la République instituée, l’imperium sera transféré  du roi  aux magistrats républicains. Imperium vient de l’infinitif imperare  que l’on pourrait traduire par commander, ordonner. Sous la République, l’imperium pourra être revêtu dans sa totalité ou de manière partielle par les dictateurs, consuls, preteurs. Ainsi, on distingue l’imperium domi qui donne le commandement dans la gestion des affaires civiles, de l’imperium militiae qui donne le commandement des troupes, des légions. Enfin,  d’imperium découle le titre d’imperator ; il s’agit d’un titre honorifique octroyé aux généraux victorieux, ou plus précisément aux magistrats à imperium ayant obtenu une victoire militaire. Il est décerné soit par le Sénat, soit par acclamations par les troupes sur le champ de bataille. De fait, imperator ne désigne pas le terme empereur, tout du moins pour la période républicaine, il est nécessaire de le souligner.

La République restera, jusqu’à sa fin, basée sur un modèle oligarchique. Cependant, les institutions républicaines ne sont pas figées, elles vont bien entendu évoluer  progressivement dans le temps. Mais, on ne peut pas comprendre les mutations politiques à Rome sans prendre en considération l’évolution du contexte géopolitique, ainsi que les transformations sociales. Aussi faut-il résumer brièvement les grandes phases de l’Histoire de la République romaine :

  • De la fondation de la République à la première guerre punique (- 509 à – 264)

Après la disparition de la Royauté, comme nous l’avons déjà vu, c’est l’aristocratie patricienne qui s’empare du pouvoir et gouverne sans partage la République.

Le champ d’action de Rome à l’origine est très limité ; il se résume à sa Région proche, c’est-à-dire le Latium et l’Etrurie ; et il s’étendra progressivement vers le sud de la péninsule italienne. Rome est perpétuellement en guerre, d’abord avec les cités voisines, avec les cités étrusques notamment comme Véies ; puis plus tard contre les peuples du centre de l’Italie comme les Samnites.

La situation extérieure va profiter à la Plèbe. La Plèbe constitue un vaste ensemble social hétérogène. Pour l’essentiel il s’agit de petits propriétaires, artisans et commerçants. En bref, la Plèbe regroupe tous les éléments du corps civique qui n’appartiennent pas à l’aristocratie patricienne. Les plébéiens, donc, sont des citoyens mais leurs droits civiques sont très limités.

En – 494, en pleine guerre contre les Volsques et les Eques, la Plèbe, en proie à des difficultés économiques, fait sécession, se retire sur le mont Aventin où elle  menace de fonder un Etat rival. Privée de main d’œuvre, de soldat, le Patriciat est contraint de répondre favorablement aux exigences de la Plèbe. Un compromis est trouvé.

La Plèbe réclame la rédaction d’une loi qui prendra en compte ses revendications. Jusqu’alors, elle avait subi l’arbitraire d’une constitution non écrite[1], celle qu’avaient mise en place les patriciens après la chute de Tarquin le Superbe.

Aussi,  un collège de dix magistrats, les Décemvirs, est désigné afin de rédiger une constitution et un code juridique. Avant la rédaction, des ambassades auraient étaient envoyées en Grèce et en Grande Grèce (sud de l’Italie) afin de s’inspirer des législations des cités hellènes, et notamment de la législation athénienne de Solon[2].

Les travaux des décemvirs aboutissent à l’établissement de la loi des XII Tables en – 451. Cette dernière sera complétée par les lois Valeriae Horatiae en – 449, qui précisent en particulier l’organisation des magistratures.

La Loi des XII Tables sera la première loi votée par l’ensemble du populus romanus, c’est à dire par l’ensemble du corps civique (plébéiens+patriciens). Cet acte est décisif, en ce sens où il assure une fonction législative aux assemblées populaires (comices curiates, centuriates, tributes). Jusqu’alors, comme on l’a vu plus haut, le domaine législatif était réservé au seul Sénat.

Quels sont les avantages concédés par la loi des XII Table et les lois de – 449 à la plèbe ?

Tout d’abord, les plébéiens peuvent désormais briguer les magistratures mais de manière limitée. En effet, le consulat, magistrature suprême, leur est interdit ; de plus les mariages entre patriciens et plébéiens sont prohibés. Ces limitations seront levées, mais plus tardivement, notamment par le compromis Licinio-Sextien de -367.

Mais surtout, la Plèbe obtient d’avoir ses propres magistrats qui sont élus par elle : les tribuns et les édiles de la Plèbe. Ces magistrats possèdent un pouvoir sacro-saint, ceux qui portent la main sur eux sont maudits. Les tribuns ont le pouvoir de convoquer, de présider les assemblées plébéiennes et plus tard le Sénat lui-même. Ils ont également le pouvoir d’intercession, c’est-à-dire qu’ils peuvent opposer leur véto à une décision du Sénat ou à celle d’un autre magistrat. En outre, ils ont la possibilité de faire voter des lois[3] ; ces dernières sont nommées plébiscites.

Comme on peut le voir, sous la pression de la Plèbe, des contre-pouvoirs et des avancées majeures ont été apportées aux institutions républicaines qui d’une certaine manière deviennent plus démocratiques. Néanmoins, il faut nuancer ces progrès institutionnels ; en effet, le corps civique est organisé par classes censitaires, c’est-à-dire subdivisé en centurie en fonction de la fortune de chaque citoyen. Les centuries composées des citoyens les plus aisés étant majoritaires, elles emportaient toujours la décision au moment des élections.

A la veille de la première guerre punique, Rome est passée d’un système oligarchique contrôlé par une aristocratie héréditaire à une République oligarchique où règne une noblesse fondée sur la fortune. Les écarts sociaux étaient moindres aux origines de la République, ils vont s’accroitre considérablement avec l’expansion territoriale de Rome déstabilisant  en profondeur l’ensemble de la société romaine.

  • De la bataille de Zama – 202 aux Gracques – 133.

La bataille de Zama marque la victoire de Rome sur Carthage ; la République n’a plus de rivale en méditerranée occidentale. Elle peut désormais tourner son regard vers l’orient. En moins d’un siècle, profitant de l’affaiblissement et des divisions des monarchies hellénistiques, Rome va marcher sur les oripeaux de l’empire d’Alexandre et transformer l’ensemble de la méditerranée  en un lac romain.

Les conflits successifs,  vont conduire à  d’importantes mutations économiques et sociales. Qui dit guerre victorieuse dit butin, pillage d’œuvres d’art, contributions versées sur les peuples vaincus. C’est une gigantesque corne d’abondance qui va, par conséquent, se déverser sur Rome dont l’économie était jusqu’à présent fondée sur l’activité agricole. L’afflux massif de capitaux, de masses monétaire mais aussi d’esclaves, va entrainer une baisse substantielle des salaires, à l’augmentation du coût de la vie et une dévaluation monétaire.

Rome s’ouvre vers l’extérieur, le commerce s’intensifie et de véritables sociétés par action sont crées pour pressurer les provinces conquises. En Italie, la petite propriété cède le pas aux grands domaines, aux cultures diversifiées et exploités par une main d’œuvre servile.

Les grands gagnants de cette nouvelle donne économique sont bien entendu les classes dirigeantes. En premier lieu les sénateurs qui sont généralement propriétaires de ces grands domaines fonciers. La loi Claudia de -218, interdisant aux sénateurs toute activité commerciale, ces derniers contournent celle-ci en constituant des sociétés écrans gérées par des hommes de paille. Aussi, n’est-il pas rare de voir des esclaves affranchis, issus des clientèles sénatoriales, se forger par ce biais des fortunes colossales. A côté de ceux-là, émerge une nouvelle noblesse, celle des chevaliers romains[4]. Ces derniers, s’enrichissent notamment grâce à l’affermage ; c’est-à-dire par les contrats que leur octroie la République pour lever les impôts dans les provinces passées sous domination romaine.

Les perdants sont les petits propriétaires, les petits paysans qui ne peuvent pas faire face à la concurrence des latifundia, et sont contraints de vendre leurs terres. Ruinés, ils sont poussés à l’exode rural et vont grossir les rangs du prolétariat à Rome. Ironie du sort ces paysans soldats ont largement contribué à planter l’aigle romain sur le bassin méditerranéen ; se retrouvant démunis, appauvris au sein de l’Urbs,  ils vont tomber sous la dépendance de ceux-là même qui les ont dépossédés.

  • De la Réforme avortée des Gracques à la prise de  pouvoir d’Auguste :

Tel était l’état des choses, lorsque Tiberius Sempronius Gracchus, citoyen noble, animé de la plus noble ambition, singulièrement distingué par son éloquence, et, à tous ces titres, le plus renommé de tous les Romains, étant arrivé au tribunat, fit un discours solennel touchant la situation des peuples de l’Italie.
Il représenta que c’étaient eux qui rendaient le plus de services dans les armées ; qu’ils tenaient aux habitants de Rome par les liens de sang ; que néanmoins ils étaient sur le point de périr de misère et d’être anéantis par la dépopulation, sans que leur sort parût avoir nulle amélioration à attendre. D’un autre côté il jeta des regards d’animadversion sur les esclaves ; il parla de leur inutilité militaire, de leur perpétuelle infidélité envers leurs maîtres ; il exposa ce que venaient d’éprouver tout récemment, en Sicile, les propriétaires de cette contrée de la part de leurs esclaves, dont le nombre s’était grandement accru à l’ombre des travaux rustiques ; il rapporta que la guerre que les Romains avaient été obligés de porter dans cette île contre ces rebelles n’avait été ni facile, ni expéditive, mais qu’elle avait traîné en longueur, et même que les succès y avaient été mêlés de beaucoup de revers. A la faveur de ce discours, il proposa le renouvellement de la loi qui réglait que nul citoyen ne pourrait posséder au-delà de cinq cents arpents de terre ; il ajouta à ses anciennes dispositions que les enfants des propriétaires pourraient posséder la moitié de cette mesure ; et que trois citoyens, alternant chaque année, seraient nommés pour distribuer aux citoyens pauvres les terres dont la récupération serait opérée par la loi.

Appien, Bellum Civile, I-9

Dans cet extrait  du premier livre de la guerre civile, Appien d’Alexandrie auteur du deuxième siècle de notre ère, résume la réforme présentée en -133 par Tiberius Sempronius Gracchus. Tibérius et Caius sont deux frères issus de l’aristocratie sénatoriale et tous deux élus, à quelques années d’intervalle, tribun de la plèbe. Quelles sont les motivations qui les ont poussé à prendre fait et cause pour la Plèbe ? Opportunisme, démagogie, pragmatisme, idéalisme ? Toujours est-il que les Gracques paieront de leur vie leur engagement politique. Leurs réformes montrent qu’ils avaient bien conscience des problèmes économiques et sociaux de leur temps ; et que celles-ci visent à les enrayer.

Tout d’abord, la loi agraire de – 133 cherche à endiguer la prolifération des grands domaines en limitant la taille des propriétés. En outre, la loi prévoie la nomination d’une commission indépendante dans le cadre de la distribution des terres de l’ager publicus (réserve de terres gérée par l’État).

Les lois de Caius vont encore plus loin. La loi frumentaire de -125 introduit les premières formes de politique sociale dans  Rome en permettant la distribution de blé financé par la République aux citoyens les plus démunis. Ce sont les premières allocations de l’Histoire, en effet, l’aide octroyée équivalait à 40 kg de blé par mois.

Au de là de l’aspect socio-économique, les réformes gracquiennes ont un objectif politique : Celui de limiter la prépondérance de l’aristocratie sénatoriale, de renforcer le rôle des assemblées populaire, de rendre en un sens la République romaine plus démocratique.

Ainsi, par exemple, Tiberius Sempronius Gracchus innovera sur le plan institutionnel en faisant voté par le concile de la plèbe la destitution d’un de ces collègue tribun, homme de paille du Sénat, qui faisait obstacle au vote de la loi agraire ; son cadet ouvrira le pouvoir judiciaire à l’ordre équestre afin de réduire les pouvoirs du Sénat.

L’oligarchie sénatoriale ne peut accepter la remise en cause de ses prérogatives. Aussi met-elle fin, dans le sang, aux tentatives de rénovation  des Gracques. Certes la loi agraire survivra à ses auteurs, mais elle sera totalement vidée de sa substance et il faudra attendre -58 pour voir la mise en application effective de la loi frumentaire.

La victoire des patriciens est cependant de courte durée, après  la mort des Gracques, s’ouvre pour la République romaine une vaste période de crise. En effet, les problèmes sociaux n’ayant pas été réglés, on va voir s’affronter deux grands courants politiques dans des luttes sanglantes. D’un côté les optimates garant des intérêts de l’oligarchie sénatoriale et de l’autre les populares qui reprennent à leur compte les revendications des Gracques. L’instabilité politique  sera renforcée par l’entrée de plus en plus récurrente d’un nouvel acteur sur la scène publique : l’armée.

Jusqu’aux guerres puniques on peut considérer que l’armée romaine est une armée citoyenne. L’organisation de l’armée est calquée sur l’organisation sociale, c’est-à-dire en classes censitaires. Aussi, seuls les citoyens les plus riches, qui ont les moyens de s’équiper à leurs frais, sont soumis à l’obligation militaire. Les autres, désignés sous le terme capite censi sont exemptés de service dans l’armée. Mais, avec l’éloignement du théâtre des opérations militaires notamment, l’armée va progressivement se professionnaliser. Les réformes mises en place par Caius Marius en -107 viendront entériner le phénomène. Désormais, les légionnaires seront équipés au frais de l’Etat. Aussi, l’armée va s’ouvrir aux capite censi, aux prolétaires qui en étaient jusqu’alors exclus. Or, ces derniers sont souvent acquis à la cause des populares. Par conséquent, l’armée aura rapidement une finalité politique. En outre, commandements militaires et fonctions politiques n’étant pas séparés à Rome ; des hommes ambitieux comme Marius, Sylla, Pompée, César, vont instrumentaliser l’armée pour assoir leur pouvoir personnel. Par exemple en – 82, Sylla, partisan des optimates, de retour d’une campagne au Proche Orient, entre dans Rome avec ses légions et impose, par la terreur, ses vues au Sénat et au peuple.

Prise en otage par les ambitions personnelles, incapable de faire face aux luttes intestines qui la déchire, incapable de se réformer, la République, après plusieurs guerres civiles, va succomber. Sur ses cendres, va naître un nouveau régime politique : le Principat. Officiellement le Principat mis en place par Auguste en -27, s’inscrit dans la continuité de la République, mais dans les faits la République à céder à une monarchie de type impérial.

A travers ce bref exposé sur la République romaine, nous avons essayé de montrer comment un régime politique et institutionnel de type républicain pouvait évoluer dans le temps. Que pouvons-nous en conclure ?

Premièrement que république n’est pas synonyme de démocratie. Comme nous l’avons vu, Rome, pendant toute la période républicaine, est restée basé  sur régime oligarchique même si elle a connu des mouvements démocratiques en son sein. Deuxièmement, un régime politique n’est pas figé. La République romaine a évolué en fonction des mutations sociales, politiques et géopolitiques de l’Urbs. Elle a même été dépassée par ces évolutions  et a fini par succomber et laissé la place à l’Empire. Nous pouvons en conclure qu’aucun régime politique, quel qu’il soit n’a de prétention à l’éternité.

Notre système républicain est pour beaucoup héritier du modèle romain dans son organisation, dans ses symboles. Et comme la République romaine, notre République traverse aujourd’hui une grave crise. En 2012, un historien, David Engels dans un essai intitulé Le Déclin : La crise de l’Union Européenne et la chute de la République romaine dans lequel il fait une analogie entre la crise que traverse l’Europe et la situation de Rome à la fin de la République.  Nous pouvons faire la même analogie entre la crise du modèle républicain actuel et celui de son pendant antique. On peut diagnostiquer les mêmes symptômes :

Comme à Rome, le pouvoir est aux mains d’une oligarchie incapable qui use de son pouvoir afin de servir des intérêts privés. Au même titre que la République romaine, notre système politique se montre incapable de se réformer sur le plan social  et institutionnel. Comme à Rome en cette fin de premier siècle avant notre ère, la République est traversée par une crise identitaire.

Enfin, à terme, comme la République romaine, notre régime est voué à l’échec. De fait, si la République veut survire, elle doit impérativement opérer sa mutation. A mon sens, elle doit changer de cadre.  L’Etat-Nation est un concept dépassé. La République doit s’inscrire désormais dans le cadre du continent. Quant aux fondements de la République peut être faut-il revenir au principe à l’article premier de la constitution de 1793 : «  Le but de la société est le bonheur commun ».


Annexes:

La constitution non écrite: La loi des XII tables est le premier texte constitutionnel écrit. Jusqu’alors les institutions fonctionnaient par tradition orale ; ce  qui avantageait  les patriciens.

La législation de Solon: Solon (-640/-558) est un homme d’Etat athénien considéré comme l’un des pères de la démocratie athénienne. Elu archonte (magistrat) en -593, il supprime l’esclavage pour dettes (les citoyens de pouvant pas payer leur dettes étaient réduits en esclavage), il étend les droits judiciaires des citoyens les plus pauvres. Il est surtout l’auteur d’un code de lois dont les romains se seraient inspirés pour rédiger la loi des XII tables.

Lois votées par la plèbe : la plèbe est réunie en assemblée (concilia plebis). Cette dernière élit les magistrats de la plèbe : édiles et tribuns. Sur propositions des tribuns, elle vote des lois que l’on nomme plébiscites. Les plébiscites, au départ, s’appliquent uniquement à la plèbe ; mais progressivement ils deviendront des lois s’appliquant à l’assemble du corps social. Néanmoins, pour entrer en vigueur, les plébiscites doivent être ratifiés par le Sénat.

Les chevaliers romains (equites romani/ordo equester): les chevaliers tirent leur nom d’une qualification militaire liée à l’organisation servienne de l’armée en 193 centuries. Dans ce cadre centuriate, il y a 18 centuries qui ont un cens supérieur à celui de la première classe et qui reçoivent de l’Etat le « cheval public » c’est-à-dire le prix d’achat et d’entretien du cheval pour servir dans la cavalerie. Pour devenir chevalier romain, il faut bénéficier d’un cens de 400 000 sesterces et être désigné par les censeurs (magistrat en charge du recensement de citoyens). Le titre chevalier confère à celui qui le porte une dignité. L’ordre  équestre va progressivement se détacher de ses origines militaires. A partir du IIème siècle avant notre ère, les patriciens et sénateurs sont exclus de l’ordre équestre. De fait, les chevaliers, constituent une noblesse à proprement parlé plébéienne. Cependant les chevaliers romains ne peuvent pas briguer de magistratures et sont donc exclus du Sénat. Socialement l’ordre  équestre d’homme d’affaires, de publicains (fermiers publics), de propriétaires fonciers, des professions libérales : juristes, aocats. Les chevaliers ont le droit à des marques d’honneur, comme l’angusticlave, par exemple, fine bande de pourpre qu’il porte sur leur tunique et leur toge.

RomeItalie

Pour la rédaction de cet article, je me suis appuyé sur les ouvrages généraux suivants :

Le Glay, JL. Voisin, Y. Le Bohec, Histoire romaine, PUF, 5ème édition, Paris, 1997

Le Glay, Rome, Grandeur et déclin de la République, Perrin, Paris 2005

J.C. Fredouille, Dictionnaire de la civilisation romaine, Larousse, Paris, 1995

[1]  Voir Annexe

[2] Voir Annexe

[3] idem

[4] Voir Annexe