Communiqué : N’accablons pas nos députés de travaux fastidieux !

Lors du vote lundi 8 février de l’article 1 de la révision constitutionnelle prévoyant l’inscription de l’état d’urgence dans la constitution, de nombreux députés n’étaient pas sur les bancs de l’Assemblée nationale( 76% de l’ensemble des députés).

148 députés étaient présents en hémicycle pour le débat. De nombreux observateurs ont dénoncé avec démagogie cet absentéisme. Nul doute pourtant que de nombreux députés avaient des occupations beaucoup plus sérieuses, quelque chose comme inaugurer un magasin de surgelés, parce que eux, ils sont dans la vraie vie avec les vrais gens, voyez-vous !

Nous soutenons les députés qui refusent de perdre leur temps sur des sujets de seconde zone. On ne peut pas leur demander de rester enfermés en permanence dans l’assemblée. D’ailleurs, Manuel Valls avait rappelé « Les querelles, les petites ambitions doivent s’effacer devant la responsabilité face au terrorisme » . Il aurait donc été de mauvais ton de vouloir intervenir sur ce débat. Des députés se le sont pourtant permis dans une espèce de narcissisme abject, tout cela pour quelque chose d’aussi dérisoire que deux articles portant sur la constitution !

Si beaucoup étaient absents, parmi les présents certains avaient néanmoins compris qu’il s’agissait bien de voter et pas de délibérer. Mais quelques irréductibles ont proposé plusieurs amendements et voulaient en débattre. Heureusement, le président de l’assemblée nationale a veillé au bon fonctionnement des institutions en limitant le nombre d’interventions. Tout en assurant vouloir « permettre à l’assemblée d’être éclairée« , Claude Bartolone a ainsi refusé d’autoriser l’ensemble des demandes d’interventions, considérant que « on n’était pas non plus en assemblée générale »… Sans doute suivait-il la logique de « trop d’information tue l’information » ! En effet, si on sait l’importance d’entendre toutes les interventions dans de simples assemblées générales d’associations, c’est évidemment tout à fait superflu lorsqu’il s’agit de discuter de notre texte constitutionnel ! N’accablons pas nos députés de travaux fastidieux ! Aussi, Le Poing Commun souhaite apporter tout son soutien aux députés victimes des accusations de la multitude, des humiliations de la tweetosphere, et des injonctions d’un peuple qui ne sait ce que veut dire le mot : gouverner.

D’ailleurs, tout n’a t-il pas été dit sur la question constitutionnelle ? Que les méchants sont vraiment très méchants et que s’ils continuent, il faudra bien leur enlever leur statut de membre de la communauté des gentils. Revenons aux vrais sujets… rapidement, comme la réforme de l’aurtograf.« 

1/2012: L'hemicycle vide - Le perchoir Fichier D800-41x62 cm et Raw disponibles Patrimoine
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