Le poing pour la détermination et la communauté comme finalité.

Par Vincent Froget – 22 Juillet 2015 

Ancien étudiant en cinéma, je me suis reconverti en rédacteur pour webzine révolutionnaire et populiste, rubrique sociologie et théologie.

La République semble n’être aujourd’hui qu’une gravure dans la pierre des bâtiments publics. Un lointain souvenir que l’on visite de temps en temps comme nos aïeux. Pourtant, plus qu’un symbole poussiéreux, la République n’existe que debout et vivante. La Res Publica, la chose publique, renvoie à l’idée que le pouvoir doit être dirigé en fonction des besoins du peuple, le fameux bien commun. Liberté, Egalité, Fraternité, plus qu’une devise est un programme.

Ce chemin tracé par l’idéal républicain n’est pourtant pas sans obstacle. Les trois éléments cités ci-dessus sont en parti contradictoires. Peut-on prendre aux riches pour donner aux pauvres en respectant la liberté de propriété ? Peut-on respecter le choix de chacun dans la quête de soi-même tout en construisant un projet commun ? Etc.

Je vis mon engagement auprès de cette association comme un défi. Le caractère multiple de la société d’aujourd’hui pose de sérieux problèmes pour aboutir à un nouveau projet de société en commun qui puisse faire le bonheur de tous. Les différentes confessions, les sensibilités progressistes et conservatrices, les mondains et les altermondialistes ainsi que les nationalistes… tous ces courants s’affrontent dans l’arène médiatique et politique sans trouver de solution. Il faut bien le dire : le peuple est divisé et suspicieux entre ses différentes parties. L’universalisme spécifique de la France s’éclipse au profit du communautarisme anglo-saxon.

Notre association porte un nom symbolique : le poing pour la détermination et la communauté comme finalité. Car il s’agit bien de cela : reproduire une communauté, un groupe qui partage quelque chose, et, dans le cas présent une perspective.

Des trois principes de notre devise, la fraternité semble pour moi la clef de voûte de ce projet. Celle qui neutralise les excès de la liberté individuelle qui cherche toujours à s’accaparer plus, jusqu’à piétiner sur la liberté des autres ainsi que les excès de l’égalité qui peuvent préférer une similarité individualiste à une complémentarité collective.

Face au cynisme de la société libérale qui sépare les individus et ne les regroupe que par intérêt, un nouveau projet de société sain ne peut que passer par une notion non-utilitariste de l’autre. Il va falloir reparler de choses aussi incongrues que dépassées : l’éthique, l’honnêteté (intellectuelle aussi), la générosité, le sacrifice et l’humilité. Qu’on le veuille ou non nous ne pouvons pas aboutir sans une part de mysticisme. Il va falloir croire de nouveau. Avoir la foi de poursuivre un chemin difficile, celui d’une société apaisée, celui où autrui n’est plus un concurrent à dominer mais quelqu’un avec qui bâtir.

Vincent Froget