La République : un processus de tous les jours.

Par Gracias D. Umuntu Ngumuntu – 31 Juillet 2015

Le monde dans lequel nous vivons est un monde en grande métamorphose. Un monde où par le jeu agressif de la mondialisation, les notions comme celles de l’État, de la nation et bien d’autres subissent un impact à la fois au niveau de leurs contenus et au niveau de leurs contours. Dès lors, conscient de l’incidence de ce mouvement sur ces grandes notions qui, souvent, ont été la base de la conscience politique de bon nombre d’acteurs politiques dans nos États, il m’est venu l’envie d’agir. Or agir ce n’est pas seulement observer, c’est réfléchir sur son époque, c’est  concrètement aller à la recherche des solutions aux problèmes que l’on constate.

Pour moi, adhérer au Poing commun, c’est aussi poursuivre ce désir personnel d’une recherche effrénée de la connaissance. Or dans le processus d’acquisition de connaissances rien ne dépasse la confrontation de ses idées à celles des autres. Le Poing Commun étant un mouvement dépassant les contingences politiques et idéologiques des uns et des autres, il m’offre un cadre idéal dans ce processus d’acquisition de connaissances mais aussi d’action. Aujourd’hui le Poing Commun se résout de réfléchir notre époque et d’apporter des solutions aux problèmes constatés.

Parmi, ces problèmes se trouve celui articulé autour de la République et de son essence. Ah la République! Je me souviens de ma deuxième année en droit à l’université où, entendant dans la bouche des étudiants et des professeurs le mot République. J’interrogeais un ami «qu’est ce que donc la République », il en avait parlé quelques instants au préalable. Quel n’eut pas été mon étonnement de constater qu’il n’avait aucune réponse. Me regardant dans les yeux, il répliqua «en fait, je n’y sais trop rien ».

Assez drôle de faire usage des mots dont on a aucune connaissance réelle. Évoluant, je constatais l’aspect assez abstrait de la notion de République, en fait chacun y met du sien selon que l’on soit de tel ou tel autre bord politique. Mais définie ainsi, cette notion me semble être un piège explosif des sociétés même. La République qu’on l’aime ou pas, me semble plus être ce processus de tous les jours, ces espérances partagées. La République c’est non pas une notion figée, mais une notion évolutive.

De ce fait, celle de 1793 ne saurait être celle de 2016 et d’ailleurs l’un des principes régissant la République française n’est-il pas celle « de ne voir aucune génération assujettir à ses lois les générations futures ». Si la République est un processus d’actions et d’idées continues. Il n’est pas moins un cadre géographique mais aussi un cadre démographique. Si hier, la République française s’étendait jusqu’aux territoires colonisés où les peuples colonisés relevaient de la République, certes, il est sans conteste que ceux-ci étaient pour l’essentiel considérés comme des citoyens de seconde zone.

Celle d’aujourd’hui est moins large territorialement, mais continue d’offrir un cadre démographique pluriel à la différence que le peuple français aujourd’hui jouit des mêmes devoirs et des mêmes droits. C’est la fameuse République «Black-Blanc-Beur ». De fait, si ce seul aspect ne peut définir à lui seul la République, il reste néanmoins très important dans la définition de la République aujourd’hui.

A tout point de vue, la République nous interpelle donc, elle nous demande un sursaut qui puisse dépasser nos contingences politiques traditionnelles afin que, sans la moindre passion, nous puissions la remplir non pas selon telle ou telle autre coloration politique mais de façon indistincte afin qu’elle soit par tous au service de tous.