2017 : Aux Armes Citoyens !

Le mot de rentrée du président :

Citoyen, citoyenne,

Nous arrivons au bout d’un été funeste, marqué par les remises en cause de la laïcité de toutes parts, celle-ci étant la plupart du temps désignée comme l’origine du problème religieux en France, alors qu’elle fut conçue et doit être comprise comme la solution républicaine permettant une coexistence pacifique de tous les citoyens au sein d’un Etat neutre. Les adhérents du Poing Commun ont été très actifs sur la question en publiant un bon nombre de publications, et ce thème très récurrent démontre l’incompréhension de ses principes et de ses ambitions au sein de la sphère médiatico-politique. A nous de montrer plus que jamais qu’il est un devoir pour tout citoyen de rappeler ses élus à leur devoir en les confrontant à la loi et aux valeurs de la République. A moins d’un an des élections présidentielles, alors que toutes les oreilles s’ouvriront aux discours électoralistes des multiples candidats, l’esprit du Poing Commun nous incite à intervenir dans les débats, non pour prendre parti et s’immiscer dans les campagnes, mais bien pour faire valoir les principes de la République tant oubliés. Au-delà de la seule question de la laïcité, la République doit survenir derrière chaque domaine de la vie politique et sociale, et la liberté sous toutes ses formes est de plus en plus questionnée, modifiée, nuancée… au nom de la sécurité, de l’économie voire de la liberté elle-même ! Le Poing Commun, qui n’en finit pas de grandir, compte sur tous ses membres pour promouvoir le projet républicain et le placer au cœur des préoccupations les plus générales comme les plus individuelles. Incarnons chacun et ensemble notre idéal, écrivons, interpellons, proclamons ! Puisque l’année 2017 s’annonce rude pour les républicains, et si les armes de la démocratie sont la plume et la parole : aux armes citoyens !

Quentin Baillon

« Vouliez-vous une révolution sans révolution ? » – Robespierre, à jamais l’incorruptible

Par Quentin Baillon – 13 Septembre 2016

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Il y a 222 ans, Maximilien Robespierre était guillotiné sur l’actuelle place de la Concorde, après cinq années de révolution.  L’historiographie a très souvent omis d’insister sur l’infime plage temporelle durant laquelle se sont déroulés les évènements de la Révolution Française : cinq ans, l’équivalent d’un quinquennat présidentiel de nos jours. Cinq années qui ont changé la France à jamais, cinq années qui marquèrent le début d’une nouvelle ère politique pour le monde entier, cinq années qui scellèrent le message universaliste de liberté, d’égalité et de fraternité de la République Française. Durant ces cinq années, des milliers, voire des millions d’individus ont contribué à la Révolution, de près ou de loin, pour sa défense ou à son encontre. Robespierre était l’un d’entre eux : un acteur de la Révolution parmi d’autres.

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Tribune libre : Laïcité et/ou universalité ?

par Vincent Froget

La laïcité est un des repères majeurs d’une République digne de ce nom. Un état ne peut assurer la valeur d’égalité en reconnaissant une religion au détriment d’une autre ou des athées. Il réside donc dans ce principe une volonté de neutralité permettant un sentiment de justice parmi les citoyens.

Depuis quelques mois, la laïcité redevient une thématique majeure. On la voit, de-ci-delà, rajoutée au triptyque national comme si elle était une valeur. Or sa valeur, ses valeurs, ce sont celles de l’égalité (de traitement) et de la liberté (de conscience). En faire une valeur me paraît périlleux voir douteux. Lire la suite

[Communiqué de presse] – À propos du Burkini

 

D’un point de vue moral et philosophique, notre conception de la République combat toutes formes et représentations de soumission dogmatique et n’importe quelles provocations.

Pour autant, Le Poing Commun s’étonne de ces arrêtés « anti-burkini » qui heurtent et restreignent nos libertés fondamentales, sur l’espace public, pourtant garanties par l’article 10 de la DDHC et la loi du 9 décembre 1905.
Demain, nos concitoyens de confession juive, chrétienne, musulmane ou nos amis agnostiques ou athées pourront-ils encore exprimer leur opinions librement?

Nous nous interrogeons sur ces arrêtés. Sont-ils réellement motivés par la volonté d’assurer notre sûreté et notre tranquillité publique ou plutôt par celle de transformer notre police en une police des mœurs à l’image des régimes autoritaires que nous combattons?

Enfin, Le Poing Commun condamne toutes dérives qui viendraient à stigmatiser et a discriminer des citoyens pour la simple manifestation de leurs convictions ou l’expression de leurs libertés.

Le Poing Commun

COMMUNIQUE – Comment la ville de Lyon déroge au principe de laïcité et subventionne pour un million d’euros une communauté religieuse.

COMMUNIQUE DE PRESSE – 30 juin 2016

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Comment la ville de Lyon déroge au principe de laïcité et subventionne pour un million d’euros une communauté religieuse.

Le 4 juillet prochain, à l’ordre du jour du conseil municipal de la ville de Lyon sera présentée une délibération prévoyant une subvention d’un million d’euros en faveur de la construction de l’Institut français de civilisation musulmane.

Ce projet présenté avec le visage de la promotion culturelle cache en réalité de réels enjeux religieux que de nombreux éléments démontrent. Tout d’abord nous nous interrogeons sur la définition du terme de « civilisation musulmane. » Par ailleurs, l’ambiguïté volontaire dans l’appellation dudit institut voudrait évoquer un organisme à vocation scientifique et culturelle, comparable à ce que représente déjà, par exemple, la « Maison de l’Orient ». Pourtant, ce projet est clairement un projet religieux. Il a été initié, porté et en partie financé par les fidèles. En première ligne le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane qui parle bien d’un projet «pour les musulmans». Kamel Kabtane est bien un responsable religieux. Les musulmans sont bien une communauté religieuse. La proximité n’est pas que géographique (La localisation du projet à proximité de la mosquée du 8ème arrondissement), mais s’inscrit dans l’ensemble des orientations du projet. Le site de la mosquée précise d’ailleurs que « L’Institut a reçu le soutien des hautes autorités religieuses de la région »

La confusion entretenue entre le culturel et le cultuel relève de l’hypocrisie. La distinction ne saurait être appréciée en ces termes, puisqu’au dire même de l’initiateur du projet Kamel Kabtane le 25 septembre 2008, l’IFCMest un « complément aux activités de la mosquée ».

Nos trois associations, le Cercle Maurice Allard, le Poing Commun et la Libre Pensée du Rhône, attachées à la République et à son devoir d’exigence et de respect en matière de laïcité, ont décidé de porter une parole commune pour :

  •   Alerter les élus, l’ensemble des citoyens, et s’étonner de la responsabilité des pouvoirs publics dans cette nouvelle atteinte au principe de laïcité, en contradiction avec l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 dite de séparation des églises et de l’Etat « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte… »
  •   Dénoncer une nouvelle fois, sous couvert de projet culturel, l’aspect véritablement cultuel de cette délibération proposée au conseil municipal de Lyon et tout le culot du Maire de Lyon pour oser tenter de nier la dimension religieuse du projet. Il est vrai qu’après les subventions versées ces dernières années, au nom du dialogue inter-religieux, aux associations Sant’Egidio (catholique), à la Conférence des Eglises européennes (orthodoxes et protestants), et après le financement du Musée du Christianisme, le Maire de Lyon se trouve ainsi embarqué dans une aventure qui l’éloigne de plus en plus de la loi de 1905. Il est temps de respecter la stricte neutralité de l’Etat, et de consacrer l’argent public à ce qui fonde l’intérêt commun.
  •   Inviter ainsi les élu.e.s de la ville de Lyon à voter défavorablement ce rapport, au nom du respect de l’esprit républicain et laïque.

    Penser la laïcité comme un système de subvention compensatoires entre les cultes, comme le propose le Maire de Lyon, en recherchant un équilibre pour satisfaire telle ou telle communauté religieuse est un réel danger pour le socle républicain et l’idée même de laïcité.

    Nous attendons de la part de nos représentants politique un respect et une fidélité sans failles aux valeurs de la République.

Le Poing Commun – La libre pensée du Rhône – Cercle Maurice Allard

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Communiqué – « Elu.e.s faites le choix de la République ! »

Communiqué – 15 juin 2016

Elus, faites le choix de la République !

photo du journal "Le Progrès"
photo du journal « Le Progrès »

Jeudi 9 juin, l’ex président de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, et l’actuel président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, participaient ensemble à la réception de la troisième tranche de travaux de rénovation de la Grande Synagogue de Lyon. (Quai Tilsitt, 69002)

En 2015, la Région, la Métropole de Lyon et la Ville de Lyon ont respectivement participé à ces travaux à hauteur de 125 000 euros.

Au regard de la loi du 9 décembre 1905, ces subventions sont autorisées.

Art 13 «L’Etat, les départements, les communes et les établissements publics de coopération intercommunale pourront engager les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est reconnue par la présente loi. »

– L’édifice de cette synagogue a été construit en 1864

Pour autant, si l’on sort de l’aspect juridique, cet exemple pose ici la question fondamentale et politique de l’usage des fonds publics. En quoi la rénovation de la grande synagogue de Lyon, lieu de culte, vise l’intérêt général ?

Au delà de cette interrogation, nous sommes aussi interpelés par cette image de ces deux élus portant une kippa. Une image malheureusement trop récurente, qu’importe le lieu ou l’étiquette politique de l’élu. Être élu renvoie forcément à une certaine éthique républicaine ou au moins à une responsabilité morale que le rôle de représentant du peuple exige.

Les tensions communautaires et les pressions religieuses de plus en plus fortes devraient appeler les élus à la plus grande vigilance. Représentants de la République, ils ne sauraient répondre aux invitations à participer à des événements cultuels de telle ou telle communauté. D’ailleurs, suite à l’invitation officielle faite par la Mosquée de Lyon à certains élus (comment d’ailleurs sont-ils sélectionnés?) de venir rompre le jeûne à la fin du ramadan, le Poing Commun appelle les représentants de l’Etat à décliner cette invitation. L’Etat ne communie pas, la République ne prie pas, et ne rompt pas le jeûne.

Le Poing Commun souhaite réaffirmer sa conviction profonde au principe de laïcité comme force émancipatrice et garante de paix civile.

A l’heure où les citoyens français réclament une exigence laïque plus élevée de la part de ses responsables politiques, le Poing Commun souhaite ouvrir le débat en faveur de l’extension de l’interdiction de port de signes religieux pour les élus de la République dans le cadre de leurs fonctions et invite toutes celles et tout ceux qui le souhaitent à nous faire parvenir leur avis. Une rencontre citoyenne sera organisée prochainement pour débattre autour de cette question.

Le Poing Commun

Tribune Libre – De la dictature de l’Assemblée et comment la réactualiser

Par Rémi Carrère et Thibault Graindorge  (Juin 2016)

            Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de crise institutionnelle. La Ve République ne correspond plus aux attentes du peuple français, en témoigne la défiance dans les enquêtes d’opinion et l’abstention aux élections. Celle-ci est une sorte de monarchie présidentielle, avec un président élu sans contrôle possible sur cinq ans et bénéficiant d’importants pouvoirs : chef de l’armée, du gouvernement, possibilité de gouverner par ordonnance, de dissoudre l’Assemblée, droit de grâce, possibilité de déclarer la guerre unilatéralement et enfin possibilité d’acquérir les pleins pouvoirs avec l’article 16 de la Constitution. Autant de privilèges qui feraient pâlir certaines monarchies. De ce fait, le Parlement voit son rôle réduit à l’enregistrement des lois : en théorie, il peut en proposer, mais dans la pratique il ne fait que voter ce que propose le gouvernement, selon la volonté du Président. Ce régime, taillé sur mesure pour et par le Général de Gaulle dans un contexte bien particulier, n’est donc plus adapté. Les nombreuses révisions dont la Constitution a fait l’objet depuis n’ont fait que la rendre encore plus monarchique : de Gaulle lui-même a commencé par introduire l’élection du Président de la République au suffrage universel direct en 1962, violant la procédure de révision constitutionnelle au passage, ce qui signifie que ce président représente à lui seul l’ensemble des électeurs français, là où la souveraineté du peuple est éparpillée dans les députés. Marx avait déjà soulevé ce problème pour la IIe République dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte ; pire, le passage du mandat du Président de la République à cinq ans s’est fait en l’alignant sur le mandat de l’Assemblée nationale, ce qui signifie qu’on ne peut plus le sanctionner en lui imposant une cohabitation à des élections législatives de mi-mandat ! Une fois le Président élu, donc, le système est verrouillé pour cinq ans. On ne pourra en sortir qu’en instaurant une VIe République.

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